BRAL a eu 40 ans en 2014

Ce texte a été écrit par notre présidente lors du 40ème anniversaire du BRAL (Décembre 2014)

«Dès son début, le Bral - en tant que mouvement urbain – s’est battu pour une ville plus vivable, plus participative et pour une mobilité durable. La ville se devait d’être protégée de l'invasion automobile, de l'expansion des bureaux et du délabrement spéculatif ! Et nous n’étions pas seuls dans cette lutte. Les organisations francophones IEB et ARAU se tenaient à nos côtés. Heureusement, 40 ans d’actions pour un meilleur Bruxelles a laissé des traces.

Surtout après la formation de la Région de Bruxelles-capitale (1990), diverses volontés ont été mises en pratique. Le logement a été protégé, les contrats de quartier ont vus le jour et les normes environnementales sont aujourd’hui un fait. Et plus personne ne pense à construire une nouvelle autoroute ou permettre à nouveau un parking sur la grand place. Enfin…presque plus personne.

Et pourtant, les changements concrets sur le terrain sont souvent lents et les anciennes controverses ne semblent jamais complètement avoir disparues. Ainsi est Bruxelles – malgré un changement de mentalité - toujours championne des files, particulièrement mauvaise élève en ce qui concerne la qualité de l'air et témoin d’une crise du logement particulièrement aiguë. Et en ce qui concerne la planification urbaine, l’intérêt privé l’emporte encore trop souvent sur l'intérêt public. Mais en attendant, la ville évolue et de nouvelles questions voient le jour.

Bruxelles n’est plus la plus ancienne ville du pays, elle est aussi la plus jeune. Et avec un bruxellois sur deux d’origine étrangère, Bruxelles est imprégnée d’autres langues et coutumes. Le fossé entre les riches et les pauvres ne fait que s’agrandir.

Et comme Bruxelles est en train de changer, le Bral s’adapte. Ensemble avec vous, membres et sympathisants, nous définissons de nouvelles priorités qui reflètent les tendances du changement. Il y’en a quatre : Bral lutte pour une meilleure qualité de l'air, pour une économie plus verte et plus sociale, pour une meilleure gouvernance (en particulier à l'égard de la planification urbaine) et, … last but not least… nous nous dirigeons vers un Bral multilingue et plus diversifié !

Ce numéro spécial d’Alert s’inscrit déjà dans nos nouvelles priorités. Mais cet Alert est aussi le dernier. Et oui, le temps du papier est révolu. Vous apprendrez le pourquoi et le comment en lisant l'article sur notre nouvelle stratégie de communication. L'objectif est simple : faire en sorte que plus de Bruxellois et d’amateurs de Bruxelles mettent leur énergie au service des ambitions du Bral.

Mais la ville durable à laquelle aspire le Bral couvre autant de sujets qu’il y a de personnes. Un Bruxelles plus durable et plus solidaire demande aussi à ce que nous nous écoutons davantage pour savoir ce que cela signifie pour chacun. Pour les adolescents et les personnes âgées, les sans-abris et les étudiants, les nouveaux arrivants et les ketjes, les locataires et les acheteurs, les visiteurs et les résidents, les penseurs et les acteurs, les pouvoirs publics, les investisseurs et les organisations urbaines. Pour les digital natives et les amateurs de revues papier.

Les années à venir seront donc certainement aussi passionnantes et intéressantes que les 40 dernières années. Que l'avenir commence, Bral est prêt pour cela. »

Sarah Hollander, présidente du Bral