Communiqué de presse: Un secrétaire d'Etat qui conteste ses propres chiffres

Persbericht

Débat hallucinant au parlement Bruxellois, le 21 mai. Un membre de l'opposition présente des chiffres à la baisse, concernant la collecte sélective des déchets, provenant de l'asbl Bral, et le secrétaire d'état conteste ces données chiffrées. Du même coup, il nous traite d'«anxiogènes». Seulement : ces chiffres ne proviennent pas du Bral, mais de son propre cabinet.

Le 21 mai 2013 la Commission de l'Environnement du Parlement Bruxellois, confronte Rachid Madrane, le secrétaire d'état responsable de la collecte sélective des déchets, à de nouveaux chiffres, concernant nos prestations en matière de tri.

«La presse, par ailleurs, nous apprend via une enquête du Brusselse Raad voor het Leefmilieu (BRAL) que les Bruxellois trieraient moins bien qu'avant l'instauration du tri obligatoire. Le taux de tri n'atteindrait que 25%, sachant que l'objectif fixé par l'Europe est d'atteindre les 50% de déchets triés pour 2020. Selon cette enquête, ce sont surtout les sacs bleus qui connaitraient une forte baisse. Le communiqué, qui date du 28 février, expliquait que, selon le BRAL, «le recyclage ne semble pas être le point fort des Bruxellois. Ceux-ci trient en effet moins bien leurs déchets qu'il y a deux ans.»

Monsieur Madrane réfute ces chiffres et gratifie du même coup le Bral d'un solide coup de patte :

«Les chiffres en matière de collecte et de tri à Bruxelles provenant du Brusselse Raad voor het Leefmilieu (BRAL) sont ceux d'une association plus soucieuse de produire un discours militant anxiogène que les pouvoirs publics ! Soyons clairs : son objectif est davantage d'imposer le sac payant aux Bruxellois que d'apporter une réelle contribution à l'amélioration de la situation sur le terrain. En toute amitié, je ne peux donc que vous encourager à diversifier vos sources d'information et d'inspiration. Je ne confirme donc pas les chiffres du BRAL. Au contraire, je les conteste (…)”

Fait étrange, le Bral n'a rassemblé aucune donnée chiffrée, mais a seulement réagi, dans une interview, à des chiffres provenant… du cabinet lui-même. Non seulement le secrétaire d'état est insuffisamment familiarisé avec les propositions et actions du Bral, il ne connait, visiblement, pas ses propres chiffres. A notre avis, ceci n'inspire guère confiance.

Le Bral sait pourquoi

Pour nous, il est clair pourquoi Monsieur Madrane essaie de réfuter ces chiffres : ils ne sont vraiment pas édifiants. Après la critique des résultats au niveau de la propreté, ces chiffres font apparaitre, une fois de plus, que nous ne progressons pas non plus sur le plan du recyclage. Le secrétaire d'état recourt aux grands moyens pour se défendre : il élude le débat et se sert de faux arguments[1], mais ne peut échapper à la dure vérité : notre politique des déchets ne fonctionne pas et un changement de cap s'impose d'urgence.

Voyez la lettre ci-jointe, qui propose une analyse plus détaillée ainsi qu'un exposé des changements qui s'imposent.

Après cette réunion en commission, le Bral a pris plusieurs fois contact avec le cabinet mais n'a jamais reçu de réponse.

Contact :

 

Piet Van Meerbeek | asbl Bral

www.bralvzw.be

membre de l'executif environnement & participation

| Place du Samedi 13 – 1000 Bruxelles |

T 02 217 56 33 |  GSM 0478 999 707


[1] Pour ne pas devoir confirmer la baisse, ces 2 dernières années, en matière de collecte des sacs bleus, Mr. Madrane présente les évolutions sur 4 ans: “Au niveau des chiffres, nous avons pu établir les constats suivants au cours des quatre dernières années : 15.000 tonnes de déchets incinérés en moins ; 1.000 tonnes de PMC en plus ; - 6.000 tonnes de déchets papier et carton en plus ; 3.000 tonnes de verre en plus ; 1.500 tonnes de déchets de jardin en plus.” . Le constat reste néanmoins le même : le mouvement à la hausse en matière de collecte sélective n’a été que temporaire et a été suivi par une baisse quasi aussi importante.